Votre navigateur ne supporte pas JavaScript et vous n'avez pas accès à toutes les fonctionnalités du site.
Veuillez vérifier que JavaScript est bien activé sur votre navigateur.

COUPE DE FRANCE - 1er tour - Vendredi 4 septembre 2020 au club face à l'ACB Orly

Le Club : Etape 2 - Degemer mat e Breizh !

  • Vitraille de la cathédrale St Corentin de Quimper représentant la légende de St Guénolé
Vitraille de la cathédrale St Corentin de Quimper représentant la légende de St Guénolé

Tour de France des Jeux de boules - Etape 2 :

Bienvenue en Bretagne !

 

« O Breizh, ma Bro, me 'gar ma Bro.

Tra ma vo mor 'vel mur 'n he zro.

Ra vezo digabestr ma Bro ! »

 

Bon rassurez vous je ne vais pas écrire tout cet article en breton ! Mais que voulez-vous, après deux mois de confinement et une reprise avec le port du masque presque obligatoire, mon cœur s’emballe lorsque je pense à ma chère Bretagne d’origine. Après coup, qu’aurais-je donné pour passer les mois de mars et d’avril là-bas plutôt qu’en région parisienne ! Mais ce n’est pas pour assister à ma nostalgie que vous êtes ici mais bien pour continuer notre voyage au travers des Jeux de boules.

 

Comme vous l’aurez déjà compris, je vous emmène aujourd’hui dans l’une des plus belles et surtout des plus fières régions de France, la Bretagne. Nombreux sont les jeux qui appartiennent au patrimoine culturel de la Bretagne, les jeux de boules n’y font pas exception. Des assiettes décorées aux vitraux des cathédrales, on retrouve le témoignage de ces activités ancestrales qui ont mieux résisté qu’ailleurs, dans la presqu’île de granit, à l’invasion des sports de masse.

 

Le jeu de boules est attesté en Bretagne dès le Moyen Age et ses règles ne diffèrent pas profondément de celles des autres jeux européens. Il s’agit en faisant rouler sa boule d’approcher au plus près d’un cochonnet. On peut chasser la boule de l’adversaire « à roule », « à poque » ou « à demi poque ». La cathédrale St Corentin à Quimper, dont la construction date du XIIIe siècle, possède des vitraux splendides, dont certains, réalisés par L. Plonquet sur des dessins d’Albert Le Grand représentent des enfants jouant aux boules en arrière-plan de l’illustration de la légende de St Guénolé.

Ce jeu fut d’abord pratiqué en campagne, dans les chemins creux, dans les cours de ferme, ou au bord des côtes, sur les dunes. Les hommes se retrouvaient le soir après une dure journée de labeur avec des boules de bois, en frêne, chêne, orne, hêtre ou buis fabriquées par des sabotiers. Malheureusement elles vieillissaient mal, elles se déformaient, se fendaient, et même éclataient sous l'action de chocs violents. Les terrains naturels étaient plus ou moins aménagés et la distance de jeu variait de 15 à 30 m.

Le jeu évolua au cours des 19ème - 20ème siècles, l'exode rural et les moyens de communication permirent à la boule bretonne de s'implanter dans les villes. Les cafés pour fidéliser leur clientèle mirent en place des allées sablées de 16 à 18 m de longueur, parfois un peu plus, délimitée par des planches. Ces espaces de jeu ont même été recouverts pour pouvoir en profiter toute l'année. La boule en gaïac supplanta la boule en bois du pays jusqu’ aux années 60 où l’on vit apparaître la boule synthétique de fabrication italienne. Les règles de jeu s'uniformisèrent au fil des années sous l'impulsion de la fédération de l'Ouest de Boules Bretonnes.

En début de ce millénaire la Boule Bretonne reste bien implantée en Bretagne, elle est pratiquée par toutes les tranches d'âges, par les hommes comme par les femmes. Les municipalités n'hésitent pas à investir dans la construction de boulodromes. Le coût d'un bâtiment revient aujourd'hui autour des 100 000 €. Ces boulodromes sont très appréciés par les aînés ruraux qui voient là un lieu de rassemblement toute l'année. La présence de boulodromes a permis d'augmenter le niveau de jeu. Dorénavant, des concours sont ainsi proposés toute l'année aux amateurs en pen-eus-pen, doublettes, triplettes, ou quadrettes.  Ils se déroulent dans les boulodromes ou sur des aires aménagées. A ce jour, le concours le plus réputé en Bretagne se dispute à Guingamp où chaque été au début du mois d'août 5 jours de boules sont programmés au parc des expositions de Kergoz. En 2007, 410 joueurs étaient inscrits en pen eus pen, 400 en doublettes et 240 en quadrettes. Des prix et des trophées viennent récompenser les finalistes. L’appât des gains met parfois la tension entre les joueurs, mais la boule bretonne reste avant tout un jeu.

 

La Boule plombée de Morlaix

 

La Bretagne est un vaste pays et vous imaginez bien que chaque région possède ses propres spécificités, aussi, il serait interminable de toutes vous les présenter. Nous nous focaliserons surtout l’une des plus connues : la Boule plombée de Morlaix. La boule bretonne telle qu’elle est pratiquée dans cette région du nord Finistère a sa particularité et est sans doute la plus singulière de nos boules bretonnes. Sa principale caractéristique est de comporter cinq cylindres de plomb logés dans la masse. Les quatre premiers sont disposés sur le chemin de roulement pour lui permettre d’aller droit. Mais ce jeu d’adresse est plus subtil... Le cinquième plomb appelé le « fort » est incrusté d’un côté de la bande de roulement. Son rôle est primordial et permet à la boule de virer lorsque sa vitesse diminue. Ce plomb déséquilibre la boule vers la gauche ou la droite en fonction de la direction souhaitée par le joueur. A l’opposé du « fort », une cavité non plombée, appelée le « contre fort », est pratiquée pour accentuer l’effet du plomb opposé.

En règle générale, si le bouliste souhaite envoyer sa boule à droite, il la lancera vers la gauche avec le fort placé à droite. En début de parcours, la boule se dirigera vers la gauche mais sa vitesse diminuante, elle décrira une courbe pour se diriger... à droite.   

Ce jeu d'adresse consiste à s’approcher le plus près possible du « maître » encore appelé « petit » ou « Bihan ». Le joueur doit rouler sa boule sans la jeter, soit en pointant pour se placer, soit en tirant pour déplacer une boule adverse. Le joueur, pour lancer sa boule, peut se placer à n'importe quel endroit le long de la planche du fond. Les parties se jouent par équipe de 2, 3 ou 4 joueurs ou en individuel. Chaque joueur d'une équipe à une place qui est définie avant le jeu. Le premier est le placeur (ou pointeur) le dernier est le tireur. L'avant dernier est le second tireur si besoin est.

Le tirage au sort par pile ou face en lançant une pièce, détermine l'équipe qui va décider de lancer le Bihan ou laisser cet avantage à l'équipe adversaire. L'équipe qui ne lance pas le Bihan en début de partie lance la première boule. Le Bihan doit impérativement dépasser le milieu de l'allée de plus d'un mètre et se situer à plus d'un mètre des planches du fond et de 80 cm des côtés. Si le joueur manque son lancer 3 fois de suite, le jet du Bihan revient à l'équipe adverse. A partir de la deuxième "mène", c'est l'équipe qui a remporté la mène précédente qui lance le maître et qui commence à jouer.

Si une boule jouée ou poussée touche la bande du fond, elle est retirée du jeu. Ce retrait doit être immédiat car la boule ne doit plus modifier le jeu après avoir touché la planche du fond.

Lorsqu'un joueur, en lançant sa boule, amène le Bihan à toucher la bande du fond, le jeu est annulé et deux points sont donnés à l'équipe adverse.

La première équipe qui atteint 12 points a gagné la partie. Lors des rencontres hors concours, le nombre de points pour gagner une partie est de 9 et les équipes peuvent comporter jusqu'à cinq joueurs.

 

J’espère que cette escapade en terre bretonne vous aura plu autant qu’à moi. Je vous donne rendez vous demain pour une excursion dans les régions de la Touraine et de l’Anjou et pour remonter "au temps des troubadours et des preux chevaliers" à la découverte de la Boule de Fort.  

 

 

En savoir plus sur l'auteur

Nicolas DONNART

Bureau (Secrétaire Général)